Skip to main content

La présidente de l’Association de Défense des Droits des Aides Ménagères et Domestiques de Côte d’Ivoire (ADDAD Côte d’Ivoire) parle avec fierté de la ratification de la Convention N°189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques par le Président de la République de Côte d’Ivoire (décret n° 2025-128) le 26 février 2025. Awa COULIBALY en déduit le fruit d’un long combat mené par ADDAD Côte d’Ivoire et ses partenaires pour valoriser le travail domestique et restaurer la dignité de ces travailleurs.  

L’annonce de la ratification de la Convention N°189 sur les travailleuses et travailleurs domestiques par le gouvernement de la Côte d’Ivoire a installé un sentiment de satisfaction au sein de l’Association de Défense des Droits des Aides Ménagères et Domestiques de Côte d’Ivoire. Ce pays et la République de Guinée font partie des rares pays de l’Afrique de l’ouest francophone à avoir ratifié cette convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui demande à ses membres de prendre, entre autres, les mesures pour assurer la promotion et la protection effectives des droits humains de tous les travailleurs domestiques comme prévu dans la convention.

Le sourire d’Awa COULIBALY après la ratification de la convention n°189 relative au travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques

Portant fièrement en bandoulière la voix des TD, Awa n’est pas passée par quatre chemins pour exprimer sa joie. « C’est une joie pour moi en tant que défenseuse des droits des travailleuses domestiques et représentante de l’Association de Défense des Droits des Aides Ménagères et Domestiques de Côte d’Ivoire (ADDAD Côte d’Ivoire) …une satisfaction, une reconnaissance morale » s’exclame cette militante engagée depuis 2018 pour la valorisation du travail domestique et le respect des droits des travailleuses domestiques (TD).

Du haut de ses 1,70cm, Awa fait partie de ceux-là qui ont eu le courage de parler du mauvais traitement social et financier des TD et de provoquer le débat sur les difficultés -déscolarisation, mariage forcé, excision- qui obligent certaines à se retrouver domestiques et qui, malheureusement, les exposent à l’exploitation. La militante estime que cette situation est tout simplement une violation des droits de la femme et adresse ses remerciements aux autorités : « Les TD sont heureuses et disent merci à l’Etat ivoirien d’avoir eu un regard sur ce qu’elles vivaient et qui était véritablement muet ».

ADDAD Côte d’Ivoire ne compte pas dormir sur ses lauriers nous apprend notre interlocutrice. L’association va mener des actions de grande envergure à travers le pays pour que chaque domestique et chaque employeur soit informé de l’existence de cette loi et surtout pour que chacun comprenne que le travail domestique est un travail à part entière, un travail décent tel que reconnu par l’Etat ivoirien à travers la ratification de la C189.

Des droits bafoués et plusieurs cas de violences découverts.

Témoin de la précarité dans laquelle vivent les travailleuses domestiques, la jeune dame regrette de constater que ces domestiques voulant sortir de la précarité par le travail se retrouvent dans des situations encore plus précaires. « Elles sont logées dans des situations inhumaines ou alors elles logent dans des marchés et travaillent dans des ménages où le traitement n’est pas du tout adéquat».

En effet, en Côte d’Ivoire, comme dans bien d’autres pays, les droits des TD sont bafoués. Dans le cadre du Projet d’Appui Stratégique aux Travailleuses Domestiques (PASTDOM) couvrant le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et le Togo, le CRADESC a documenté plusieurs violations de leurs droits.

La majorité des TD perçoit des salaires inférieurs au minimum légal (moins de 27 200 FCFA/mois), ne bénéficie pas de congés payés, n’a pas de contrat de travail écrit en bonne et due forme et n’est pas déclarée à la sécurité sociale. Jusqu’à 67,5 % des TD dépassent la limite réglementaire de 8 heures de travail par jour. Ces recherches réalisées par le programme DESC et Genre révèlent également plusieurs cas de violences verbales qui touchent environ 50 à 90% des domestiques, particulièrement les mineures (89,29%). 

La représentante d’ADDAD Côte d’Ivoire reconnait que ces recherches ont permis à l’association d’avoir des études. « Nous n’avions pas des données chiffrées sur les travailleuses domestiques et nous étions impressionnés par les résultats de l’étude de CRADESC». ADDAD Côte d’Ivoire a partagé ces données avec des ONG et même des étudiants en Master qui les utilisent pour leurs travaux. Rapport Violation des droits des travailleuses domestiques en Afrique de l’Ouest : cas Régional

X (Twitter)
Visit Us
Follow Me
YOUTUBE
LinkedIn
Share
Instagram