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Sécurité alimentaire et résilience

Introduction

La sécurité alimentaire est à la fois un enjeu et un défi majeur pour de nombreux pays en développement. Face à la croissance démographique et aux effets du changement climatique, le droit à une alimentation adéquate, disponible, accessible et dont les modes de production sont soucieux de la durabilité des facteurs de production est loin d’être effectif dans de nombreuses zones géographiques. Ce qui contribue à l’accentuation de la vulnérabilité des populations les plus démunies. Constamment engagé pour la défense et la protection des droits des communautés, le CRADESC s’est distingué depuis sa création, par des actions phares en faveur du monde paysan à travers différentes initiatives impactantes au niveau de ses zones d’intervention. Le droit à l’alimentation qui est inclus dans les droits économiques, sociaux et culturels occupe une place privilégiée dans les choix d’intervention du CRADESC en raison des enjeux et des défis liés à la sécurité alimentaire.

L’objectif 2 des Nations Unies sur le développement durable intègre également le droit à l’alimentation à travers la sécurité alimentaire en travaillant à l’amélioration de la nutrition et la promotion de l’agriculture durable. Plusieurs autres objectifs du développement durable (ODD) trouvent leur place dans cette volonté de parvenir à la sécurité alimentaire et la résilience des ménages. Il s’agit particulièrement des ODD 3, 12, 13 et 17 qui s’intéressent respectivement à la bonne santé et au bien-être, à l’établissement de modes de consommation et de production durables, à l’urgence de prendre des mesures de lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions et au renforcement des moyens de mettre en œuvre le partenariat mondial et de le revitaliser.

L’effectivité du droit à l’alimentation et par extension à la sécurité alimentaire est intrinsèquement liée aux droits connexes que sont le droit à la propriété et le droit à l’eau. En effet, cultiver et se nourrir requiert de disposer de la terre soit en tant que propriétaire ou en tant que simple usager. Quant à l’eau, elle est cruciale pour non seulement satisfaire les besoins primaires humains mais surtout pour l’agriculture qui doit nourrir plus de personnes alors que la ressource se raréfie et que les pratiques agricoles sont en pleine mutation. Face à cette situation, une action structurée est nécessaire pour développer une agriculture résiliente prenant en compte la protection et la promotion des droits économiques, sociaux et culturels des communautés locales.

C’est dans ce sillage que le CRADESC a mis en place le programme sécurité alimentaire et résilience des organisations paysannes face aux nombreux défis de l’agriculture familiale. Ce programme qui a des acquis importants à travers la structuration des organisations paysannes en sociétés coopératives dans les Niayes, intervient dans un contexte où les nouvelles autorités politiques du Sénégal affichent une volonté renouvelée d’atteindre la souveraineté alimentaire. Ce qui constitue une opportunité supplémentaire à agir en faveur des acteurs du monde agricole pour préserver leur domaine d’activité et à leur garantir des revenus décents. 

La mise en place du programme sécurité alimentaire et résilience s’inscrit dans un contexte où l’accès au foncier pour le mouvement paysan est de plus en menacé par l’urbanisation rapide, le secteur extractif et les projets infrastructurels de l’Etat dans la zone des Niayes à travers les expropriations et les déplacements involontaires de populations alors que l’agriculture familiale demeure la principale source de revenus pour la majorité des ménages ruraux sénégalais. Aussi, malgré leur rôle économique incontournable et reconnu par les pouvoirs publics, les femmes restent marginalisées dans l’accès au foncier et aux facteurs de production dans le secteur agricole. Elles sont maintenues dans la transformation et la commercialisation alors qu’une plus grande implication dans les activités de production pourrait contribuer substantiellement à leur autonomisation. 

Photo : Visite du champs de l’association des personnes vivant avec un handicap à Mboro

En plus des défis liés à l’encadrement technique des producteurs et à la commercialisation, l’agriculture doit faire face aux effets du changement climatiques qui affectent de plus en plus les systèmes de production et rend incertain l’avenir de l’agriculture familiale. Ce programme répond à l’exigence d’agir en faveur du mouvement paysan qui doit faire face à l’amenuisement du foncier agricole, aux évolutions technologiques et aux conséquences du changement climatique. La redynamisation des organisations de producteurs à travers leur structuration en sociétés coopératives, la sécurisation des droits fonciers des populations rurales, le renforcement de la gouvernance, l’encadrement technique ainsi que la modernisation des systèmes de production sont des préalables à l’atteinte de la sécurité alimentaire. La résilience de l’agriculture familiale se pose dès lors comme une nécessité pour apporter des réponses adaptées à l’évolution des besoins y compris pour les plus vulnérables.

Objectif général :

L’objectif global du programme est de contribuer fortement à la sécurité alimentaire des ménages et la résilience de l’agriculture familiale face aux différents défis liés aux mutations du monde rural et aux effets du changement climatique. Le programme vise à promouvoir une Agriculture durable, résiliente, compétitive et porteuse de progrès pour les communautés locales

Objectifs spécifiques :

Assurer la sécurité alimentaire des communautés en protégeant leurs droits fonciers et les facteurs de production ;

Renforcer la structuration du mouvement paysan à travers les sociétés coopératives ;

Renforcer la résilience économique des communautés agricoles à travers la redynamisation de la chaîne de valeur et l’accès au marché ;

Promouvoir une utilisation saine et durable des ressources productive à travers la pratique de l’agro-écologie 

Approche et méthodologie

Un renforcement de la résilience des communautés face aux menaces que font peser les projets extractifs

Une exploitation durable et une gouvernance juste des ressources au sein des terroirs par le biais du renforcement des capacités techniques des communautés ainsi que de la connaissance de leurs droits.

Une approche communautaire centrée sur les DESC et mettant en avant l’autonomisation des cibles.

Une place importante accordée à l’agriculture (accès au foncier et autonomisation des producteurs).

Projet mis en œuvre dans le programme

Projet d’appui aux agriculteurs des Niayes (PAAN)

Enjeux des DESC dans les Niayes :

  • Le Sénégal dispose d’une zone côtière et maritime longue de 700 km caractérisée par une diversité d’écosystèmes et de ressources comprenant des mangroves, des lagunes, des estuaires marécageux et des plages sablonneuses.
  • Un choix porté sur les DESC : pour agir en faveur des communautés vulnérables (justice économique, sociale et culturelle) pour combler le retard dans les pays francophones;
  • Des zones d’intervention stratégiques : pour la protection des DESC en lien avec les préoccupations des communautés locale;
  • Les Niayes marquées par : une industrialisation rapide, l’essor du secteur extractif, d’unités industrielles et le développement de projets infrastructurels, amenuisement du foncier dans la première zone horticoles du Sénégal menaçant ainsi l’avenir de l’agriculture

Approche Méthodologique

  • Plaidoyer autour des questions infrastructurelles : une mobilisation communautaire autour des impacts de l’autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis (5 collectifs des impactés et une (01) Union créés pour défendre les droits des communautés).
  • Renforcement des capacités techniques des communautés : sur la connaissance de leurs droits (DESC) et du plaidoyer pour l’accés au foncier agricole à travers le déclassement stratégique du périmètre de restauration des Niayes
  • Campagne 30% : pour une prise en compte des femmes dans la redistribution des revenus destines aux collectivités territoriales dans les régions de Thiès, de Kédougou et de Matam.
Impact du projet
  • CCDN : 250 OP
  • 10 Sociétés coopératives et une Union (faîtière)
  • 469 Coopérateurs
  • 119 Organisations et 347 indivuels
  • 40 437 producteurs (30,63% ont moins de 35 ans et 40,5% sont des femmes)
  • 9 sociétés coopératives agricoles mises en place dans la zone des Niayes avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg et le Programme de Compétitivité de l’Afrique de l’Ouest (WACOMP/PACAO)

Photo : maraîchage zone des Niayes

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ActualitésSécurité alimentaire et résilience
décembre 16, 2025

Inclusion économique dans les Niayes : les agriculteurs vivant avec un handicap s’organisent en coopérative

«Cette coopérative constitue notre force collective. Notre volonté d’agir ensemble s’est concrétisée lors de l’assemblée générale constitutive. À travers cette organisation, nous aspirons à bénéficier pleinement de tous les droits…
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