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Depuis plusieurs années, le Burkina Faso est secoué par un conflit armé qui a fait des milliers de victimes et fragilisé autant de familles. Les violences entraînent la fermeture des écoles, le déplacement des personnes et la perte des moyens de subsistance. Dans ce contexte, de nombreuses femmes, souvent déscolarisées, orphelines, vivant dans la précarité ont comme seul recours le travail domestique. Un rapport d’études de 2022 du CRADESC indique que les femmes représentent plus de 75% de l’effectif total des travailleurs domestiques.

La population burkinabè est essentiellement composée de jeunes. Selon les données issues du recensement de 2019, les moins de 35 ans représentent 77,9% de la population totale. Le taux de chômage et celui du sous-emploi s’élèvent respectivement à 2,4 % et 26,7% d’après l’Observatoire national de l’emploi et de la formation (ONEF).

Si les facteurs socio-économiques poussent de nombreuses femmes à se résoudre à travailler comme domestiques dans des conditions contraires au respect de la dignité humaine, les violences armées renforcent cette précarité. Une enquête menée auprès de l’Association de Défense des Droits des Aides-ménagères et Domestiques (ADDAD) révèle que face au fléau du conflit armé, des jeunes filles sont obligées d’effectuer très tôt des travaux domestiques pour participer à l’effort familial de survie.

Souvent, il s’agit de jeunes filles issues de foyers dépendant uniquement du chef de famille. Lorsqu’il est emporté par la violence ou enrôlé de force, il laisse derrière lui une famille privée de moyens de subsistance. Seuls 39,74 % des parents de ces jeunes filles domestiques exercent une activité génératrice de revenus, ce qui accentue leur précarité. Et lorsque la famille est contrainte de fuir à cause des attaques armées, elle abandonne tout : ses champs, son emploi et ses activités génératrices de revenus. 

Contraintes à l’exil et dépourvues de moyens de subsistance, les filles se tournent facilement vers le travail domestique. Leurs activités se déroulent généralement dans le cadre d’un foyer ou d’un ménage. Elles font presque toutes tâches ménagères et s’occupent des enfants et des membres âgés de la famille. Une bravoure et une dignité qui cachent mal la précarité et l’injustice de leurs conditions de travail.

En 2018, le Burkina Faso comptait 59 158 travailleurs domestiques, dont 44 512 femmes, soit plus de 75% de l’effectif total, selon d’une étude menée par le CRADESC et publiée en 2022 dans le cadre de la documentation des violations des droits économiques, sociaux et culturels des travailleuses domestiques.

Sans pouvoir prétendre à un salaire décent, des horaires de travail raisonnables, une protection sociale ou encore à quelques jours de congés, les travailleuses domestiques, sous l’effet des conflits armés, sont davantage exploitées.

Le 6 mai 2026, les députés ont examiné et adopté le projet de loi portant Code du travail au Burkina Faso. Il contient plusieurs innovations salutaires, dont l’encadrement de l’exercice des activités de placement ainsi que la consécration et la répression du harcèlement moral en milieu de travail. L’application effective de ce nouveau code du travail contribuera à promouvoir le travail décent et la justice sociale pour les travailleuses domestiques.

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